Si je vous disais le vrac...
Par Quentin, samedi 1 mai 2010 à 20:49 :: Les confidences de Quentin :: #38 :: rss
Si je vous disais le vrac, ce serait façon de poser le sac à confidences, de l’ouvrir devant vous et de vous en donner quelques-unes à la comme-ça-vient.
Bien sûr - je le sais - vous êtes, depuis le 21, nombreux à vous demander si Tartempion est finalement venu asseoir ses professionnelles oreilles au Théâtre Darius Milhaud.
La réponse est… Non. Non, je ne puis vous donner la réponse tout de suite, les paris devant statutairement demeurer ouverts jusqu’à la conclusion de ce billet et l’officielle fermeture par un huissier de Mongenoux (Cher), huissier présentement à mes côtés, et que je remercie d’ailleurs pour cet in extremis rappel au règlement dont l’infraction aurait pu - si j’en crois sa tête encore entrouillée - m’entraîner dans une interminable mésaventure juridique. Je rassure donc les retardataires : il leur reste quelques minutes avant de se prononcer. Les autres n’ont qu’à directement se rendre à la sortie où la réponse leur est d’ores et déjà donnée dans une phrase écrite à l’envers pour ne perturber en rien le déroulement du scrutin encore en cours.
J’ai eu, depuis le dernier billet, deux autres rendez-vous : le premier dans un label, le second dans une maison d’éditions.
Le premier aurait pu avoir lieu dans un bureau de poste puisqu’il a consisté à remettre un dossier à quelqu’un qui m’a, sans du tout le consulter, assuré qu’il le remettrait à quelqu’un d’autre. J’ai économisé un timbre, vous me direz. Je précise tout de même que j’avais avec cette personne un rendez-vous pris depuis presque une semaine.
Félix Leclerc, chanteur québécois aujourd’hui décédé, le Brassens de là -bas, a écrit un jour que la pire façon d’humilier un homme, c’était de le payer à rien foutre. C’était peut-être ça, ce petit air qu’il a eu de me prendre pour un con : la compensation hautement refoulée d’une inutilité bien salariée…
Le deuxième rendez-vous fut un vrai rendez-vous. Avec quelqu’un qui vous attend à l’heure dite, qui s’assoit après vous, qui vous écoute et vous raccompagne avec un dernier sourire juste avant le clap de fin.
Les associés du « Groscamion » se souviendront de qui il s’agit, si je leur rappelle le gars d’une maison d’édition qui devait venir en décembre au Théâtre un lundi, et qui s’était décommandé au dernier moment…
Que les fans de Lionel ne se lancent pas dans une sanguinaire chasse à l’homme, le gars en question avait alors poliment prévenu de son absence et m’avait même prié de bien vouloir l’en excuser !!!
Il me reçoit justement parce qu’il s’en veut encore d’avoir commis ce qu’il appelle une « incorrection ». Il m’est sympathique. D’emblée. On est en contact depuis deux ans, date à laquelle je commence à lui parler de Lionel rencontré depuis peu.
Elbé - appelons-le Elbé - que je vois donc pour la première fois, a le privilège d’occuper un bureau dans une mythique maison d’éditions.
Nous allons nous parler un peu plus de 50mn. Il a écouté le master de l’album une semaine avant le rendez-vous et m’a précisé au téléphone qu’il souhaitait me rencontrer mais sans envisager du tout une collaboration avec Lionel.
Quelque chose le gêne chez Lionel. Son « enthousiasme », il dit au téléphone. Un « détail discriminant », il ajoute. Je veux être sûr de bien comprendre. On discute. Je comprends : il juge que la différence de Lionel, le détail qui fait la différence, qui démarquera ceux qui l’aimeront de ceux qui ne l’aimeront pas, c’est « l’enthousiasme ».
Et alors ?
Eh ben, lui, Elbé, ça le dérange. Et sans le toucher. Alors ça fait que ben non.
Voilà où on en est quand j’arrive dans son bureau.
Il n’imagine pas, je pense, que j’ai encore en tête de défendre Lionel, puisque d’une part Lionel n’est pas attaqué et que d’autre part l’argument d’Elbé est de ceux qui ne se discutent pas.
C’est la première fois que je mets les pieds dans cette légendaire maison d’éditions.
Il m’arrive dans ce bureau une émotion et un sentiment que je ne veux pas exprimer de face et sans fard à Elbé. Ce serait trop violent. Ce gars est honnête, encore jeune, semble connaître son métier, même si, comme je le lui dis, il est de mon point de vue plutôt en train de faire une « connerie ».
Je réfléchis, en lui parlant, à la meilleure manière de lui servir en mots ce que je ressens si intensément. C’est au fond le sentiment que cette maison d’éditions c’est la maison de Lionel, qu’il est ici chez lui. Qu’il est un artiste, enthousiaste ou pas, qui s’inscrit dans le patrimoine et que cette maison étant la maison du patrimoine, Lionel s’y trouve naturellement à sa place.
C’est une intime conviction. C’est pourquoi mon propos a vite l’air d’une plaidoirie. C’en est une.
J’ai obtenu d’Elbé qu’il fasse écouter le master au patron. Et il a conclu en convenant qu’il lui faudrait certainement venir voir un jour ou l’autre Lionel au Darius Milhaud.
C’est beaucoup.
Je ne sais pas ce que nous donnera la suite, mais je suis effectivement sorti de cet entretien avec la satisfaction d’un avocat qui a honnêtement défendu une cause, donc une justice, donc une vérité.
C’est précisément en cela que Lionel est un « grand » ; quand vous le défendez, à un moment ou à un autre, vous être conduits à défendre une vérité. C’est le propre des grands. Qu’ils soient chanteurs ou non.
Depuis maintenant assez longtemps dans ce métier, il m’est quelquefois arrivé de me demander ce que j’aurais fait si j’avais connu un « grand » à ses débuts : Piaf, Montand, Brel, Nougaro, Bécaud, Barbara, Brassens, Ferré, Béart, Aznavour, Ferrat, Gréco, Sardou, Renaud, Souchon…
Aujourd’hui, je sais.
À propos : à la mort de Ferrat, j’ai entendu Drucker dire que « le dernier des grands » venait de nous quitter.
Béart, enterré vivant depuis longtemps, n’est plus à une pelletée de terre près. Aznavour, je suis moins sûr qu’il ait apprécié. Gréco, je vous dis pas.
Et alors les Sardou, Souchon, Jonas, Leforestier, Sanson, et tous les autres, bande de petits, fallait naître plus tôt, ou mourir avant.
Pour tous les plus jeunes, y a juste à attendre qu’il meure, le Drucker. Ou qu’il rencontre Lionel Langlais ! Ce qui aura pour salutaire effet de lui remettre à zéro le compteur à grands .
On reparlera de tout ça. C’est sûr.
En attendant, pour finir le vrac, je veux vous dire que Lionel participera mardi qui vient, le 4, à la demi-finale ZicMeUp. L’intéressant, c’est que pour l’occasion et pour la première fois, il chantera sur bande-orchestre, sans guitare, à mains nues !! La chanson choisie : « Les mots de trop ».
On est prié de retenir sa respiration mardi après-midi. Merci.
À noter que les associés du label Legroscamion Prod se sont réunis le 12 avril au soir. Ils ont assisté en exclusivité à une première mondiale : Lionel accompagné par Guillaume au violoncelle et Simon à la guitare.
Lecteur qui passe, et qui s’arrête, et qui revient, et qui découvre Lionel et qui va l’aimer, tu dois beaucoup aux associés du « Groscamion »…
J’en profite pour signaler que nous ne pouvons pas, ni Lionel ni moi, envoyer d’infos par mails à notre fichier public. En effet, le serveur Orange semble avoir des difficultés et les envois par listes de diffusion sont impossibles. N’hésitez donc à vous prévenir les uns les autres, à faire circuler les infos glanées ici ou là .
Je rappelle que Lionel chante le mercredi au Darius Milhaud jusqu’à la fin juin.
Enfin et pour vraiment finir, juste un petit lien qui vous mène à l’avis tout frais d’un libraire de Vincennes (librairie Millepages) sur mon roman récemment paru « Vincent Garbo ».
Portez-vous bien.
Quentin
Attention : ici les paris sont clos. Réponse au jeu « Tartempion » :
!! unev sap tse’n noipmetraT
Bien sûr - je le sais - vous êtes, depuis le 21, nombreux à vous demander si Tartempion est finalement venu asseoir ses professionnelles oreilles au Théâtre Darius Milhaud.
La réponse est… Non. Non, je ne puis vous donner la réponse tout de suite, les paris devant statutairement demeurer ouverts jusqu’à la conclusion de ce billet et l’officielle fermeture par un huissier de Mongenoux (Cher), huissier présentement à mes côtés, et que je remercie d’ailleurs pour cet in extremis rappel au règlement dont l’infraction aurait pu - si j’en crois sa tête encore entrouillée - m’entraîner dans une interminable mésaventure juridique. Je rassure donc les retardataires : il leur reste quelques minutes avant de se prononcer. Les autres n’ont qu’à directement se rendre à la sortie où la réponse leur est d’ores et déjà donnée dans une phrase écrite à l’envers pour ne perturber en rien le déroulement du scrutin encore en cours.
J’ai eu, depuis le dernier billet, deux autres rendez-vous : le premier dans un label, le second dans une maison d’éditions.
Le premier aurait pu avoir lieu dans un bureau de poste puisqu’il a consisté à remettre un dossier à quelqu’un qui m’a, sans du tout le consulter, assuré qu’il le remettrait à quelqu’un d’autre. J’ai économisé un timbre, vous me direz. Je précise tout de même que j’avais avec cette personne un rendez-vous pris depuis presque une semaine.
Félix Leclerc, chanteur québécois aujourd’hui décédé, le Brassens de là -bas, a écrit un jour que la pire façon d’humilier un homme, c’était de le payer à rien foutre. C’était peut-être ça, ce petit air qu’il a eu de me prendre pour un con : la compensation hautement refoulée d’une inutilité bien salariée…
Le deuxième rendez-vous fut un vrai rendez-vous. Avec quelqu’un qui vous attend à l’heure dite, qui s’assoit après vous, qui vous écoute et vous raccompagne avec un dernier sourire juste avant le clap de fin.
Les associés du « Groscamion » se souviendront de qui il s’agit, si je leur rappelle le gars d’une maison d’édition qui devait venir en décembre au Théâtre un lundi, et qui s’était décommandé au dernier moment…
Que les fans de Lionel ne se lancent pas dans une sanguinaire chasse à l’homme, le gars en question avait alors poliment prévenu de son absence et m’avait même prié de bien vouloir l’en excuser !!!
Il me reçoit justement parce qu’il s’en veut encore d’avoir commis ce qu’il appelle une « incorrection ». Il m’est sympathique. D’emblée. On est en contact depuis deux ans, date à laquelle je commence à lui parler de Lionel rencontré depuis peu.
Elbé - appelons-le Elbé - que je vois donc pour la première fois, a le privilège d’occuper un bureau dans une mythique maison d’éditions.
Nous allons nous parler un peu plus de 50mn. Il a écouté le master de l’album une semaine avant le rendez-vous et m’a précisé au téléphone qu’il souhaitait me rencontrer mais sans envisager du tout une collaboration avec Lionel.
Quelque chose le gêne chez Lionel. Son « enthousiasme », il dit au téléphone. Un « détail discriminant », il ajoute. Je veux être sûr de bien comprendre. On discute. Je comprends : il juge que la différence de Lionel, le détail qui fait la différence, qui démarquera ceux qui l’aimeront de ceux qui ne l’aimeront pas, c’est « l’enthousiasme ».
Et alors ?
Eh ben, lui, Elbé, ça le dérange. Et sans le toucher. Alors ça fait que ben non.
Voilà où on en est quand j’arrive dans son bureau.
Il n’imagine pas, je pense, que j’ai encore en tête de défendre Lionel, puisque d’une part Lionel n’est pas attaqué et que d’autre part l’argument d’Elbé est de ceux qui ne se discutent pas.
C’est la première fois que je mets les pieds dans cette légendaire maison d’éditions.
Il m’arrive dans ce bureau une émotion et un sentiment que je ne veux pas exprimer de face et sans fard à Elbé. Ce serait trop violent. Ce gars est honnête, encore jeune, semble connaître son métier, même si, comme je le lui dis, il est de mon point de vue plutôt en train de faire une « connerie ».
Je réfléchis, en lui parlant, à la meilleure manière de lui servir en mots ce que je ressens si intensément. C’est au fond le sentiment que cette maison d’éditions c’est la maison de Lionel, qu’il est ici chez lui. Qu’il est un artiste, enthousiaste ou pas, qui s’inscrit dans le patrimoine et que cette maison étant la maison du patrimoine, Lionel s’y trouve naturellement à sa place.
C’est une intime conviction. C’est pourquoi mon propos a vite l’air d’une plaidoirie. C’en est une.
J’ai obtenu d’Elbé qu’il fasse écouter le master au patron. Et il a conclu en convenant qu’il lui faudrait certainement venir voir un jour ou l’autre Lionel au Darius Milhaud.
C’est beaucoup.
Je ne sais pas ce que nous donnera la suite, mais je suis effectivement sorti de cet entretien avec la satisfaction d’un avocat qui a honnêtement défendu une cause, donc une justice, donc une vérité.
C’est précisément en cela que Lionel est un « grand » ; quand vous le défendez, à un moment ou à un autre, vous être conduits à défendre une vérité. C’est le propre des grands. Qu’ils soient chanteurs ou non.
Depuis maintenant assez longtemps dans ce métier, il m’est quelquefois arrivé de me demander ce que j’aurais fait si j’avais connu un « grand » à ses débuts : Piaf, Montand, Brel, Nougaro, Bécaud, Barbara, Brassens, Ferré, Béart, Aznavour, Ferrat, Gréco, Sardou, Renaud, Souchon…
Aujourd’hui, je sais.
À propos : à la mort de Ferrat, j’ai entendu Drucker dire que « le dernier des grands » venait de nous quitter.
Béart, enterré vivant depuis longtemps, n’est plus à une pelletée de terre près. Aznavour, je suis moins sûr qu’il ait apprécié. Gréco, je vous dis pas.
Et alors les Sardou, Souchon, Jonas, Leforestier, Sanson, et tous les autres, bande de petits, fallait naître plus tôt, ou mourir avant.
Pour tous les plus jeunes, y a juste à attendre qu’il meure, le Drucker. Ou qu’il rencontre Lionel Langlais ! Ce qui aura pour salutaire effet de lui remettre à zéro le compteur à grands .
On reparlera de tout ça. C’est sûr.
En attendant, pour finir le vrac, je veux vous dire que Lionel participera mardi qui vient, le 4, à la demi-finale ZicMeUp. L’intéressant, c’est que pour l’occasion et pour la première fois, il chantera sur bande-orchestre, sans guitare, à mains nues !! La chanson choisie : « Les mots de trop ».
On est prié de retenir sa respiration mardi après-midi. Merci.
À noter que les associés du label Legroscamion Prod se sont réunis le 12 avril au soir. Ils ont assisté en exclusivité à une première mondiale : Lionel accompagné par Guillaume au violoncelle et Simon à la guitare.
Lecteur qui passe, et qui s’arrête, et qui revient, et qui découvre Lionel et qui va l’aimer, tu dois beaucoup aux associés du « Groscamion »…
J’en profite pour signaler que nous ne pouvons pas, ni Lionel ni moi, envoyer d’infos par mails à notre fichier public. En effet, le serveur Orange semble avoir des difficultés et les envois par listes de diffusion sont impossibles. N’hésitez donc à vous prévenir les uns les autres, à faire circuler les infos glanées ici ou là .
Je rappelle que Lionel chante le mercredi au Darius Milhaud jusqu’à la fin juin.
Enfin et pour vraiment finir, juste un petit lien qui vous mène à l’avis tout frais d’un libraire de Vincennes (librairie Millepages) sur mon roman récemment paru « Vincent Garbo ».
Portez-vous bien.
Quentin
Attention : ici les paris sont clos. Réponse au jeu « Tartempion » :
!! unev sap tse’n noipmetraT







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