Si je vous disais 2010...
Par Quentin, mardi 19 janvier 2010 à 23:15 :: Les confidences de Quentin :: #31 :: rss
Si je vous disais 2010, je commencerais forcément par vous la souhaiter comme il se doit : bonne, heureuse, pleine de vigueur, de santé, de vœux réalisés, de désirs satisfaits, de peurs en allées et d’amour à donner.
Il est remarquable que chaque année, en son début, on se la souhaite entre nous et tous autant qu’on est, la meilleure possible. C’est qu’en vérité, c’est plus fort que nous, chaque année on a l’impression d’un nouveau départ, d’une redistribution des cartes.
Mais que penseriez-vous si, assis à une table de poker, vos partenaires de jeu vous souhaitaient, chacun et tour à tour, un pot phénoménal et un jackpot ramasse-tout en fin de partie ?
D’abord, certainement, un peu par politesse, un peu par lâcheté, vous feriez comme eux. Mais surtout vous seriez pour le moins très dubitatifs quant à leur sincérité.
On est entre nous, on peut bien se le dire : il est rare, très rare, que le bonheur des autres nous aide à vivre, très improbable que la chance phénoménale et insistante du connard d’en face nous réconcilie avec notre destin bordélique ou raplapla.
Est-ce à dire que le malheur des autres… ? Non, faut pas déconner non plus. En tout cas, pas un malheur grave. Mais une petite peau de banane sur le chemin, une gamelle subséquente et les quatre fers en l’air, faut admettre : à voir c’est pas déplaisant. Ça déride, ça décoince ; ça suffit pas à vous remettre debout un déprimé chronique, mais ça vaut bien le p’tit-coup-pour-la-route qui vous requinque un bonhomme pas gai.
La chanson, ça rigole pas du tout, question chance. Comme tous les milieux artistiques, d’ailleurs. C’est très superstitieux, les artistes. Yves Montant – qui en savait quelque chose – pour savonner durablement la planche du Reggiani en haut de l’affiche de Casque d’Or avec la Simone, en son temps Montant n’a rien trouvé de mieux que de raconter partout que son grand ami Serge traînait la poisse à ses basques et la ramenait sur tous les tournages. Il faut avoir vu Reggiani en fin de parcours remâcher tout ça entre tristesse et colère pour réaliser combien ce milieu peut-être hanté.
Au point qu’on ne se dit pas « bonne chance » parce que ça porte-malheur ! À la place, on se dit « merde ». Ça vous donne des tas de gens qui s’embrassent en s’envoyant des « merdes » avec un plaisir quelquefois sur-joué mais jamais dissimulé. Le mec qui a lancé cette bouffonnerie devait être un sacré déconneur, moi je vous le dis… et il a dû beaucoup s’amuser.
Je me rappelle la tête de Lionel le jour où, pour la première fois, on lui a dit « merde » avant qu’il entre en scène. Lui, ne sachant pas trop quoi répondre à ça, il dit : « merci ! ». Catastrophe !!! L’autre croise vite fait ses doigts à déjouer les mauvais sorts et très sérieusement prend Lionel à part pour le sermonner comme un gamin :
— Faut jamais dire « merci » quand on vous dit « merde » !
— Ah bon ? Pourquoi ?
— Mais ça porte malheur !!!
Tout porte malheur dans le spectacle. Même le succès.
À propos, je ne vous ai pas dit : on a fini le studio ! Si ! À l’heure où je vous écris, les titres sont mixés ! Reste le mastering, et c’est pour bientôt ! Dans 15 jours je pourrai commencer le tour des Labels… En attendant entre nous on s’écoute les titres, on se les réécoute. Les guitares de Simon, le violoncelle de Guillaume, et Lionel… J’ai hâte, vraiment hâte que vous entendiez ça…
On en a parlé avec Simon l’autre jour. De Lionel.
Au fond, ce que je vous souhaite pour 2010, c’est de connaître Lionel Langlais, par la scène, par le disque, et d’à votre tour le faire connaître.
Je vous souhaite d’être de cette aventure-là .
Parce que Lionel Langlais est de ces artistes qui déboulent dans leur époque comme une bonne nouvelle dans une mauvaise passe.
Oui finalement, pour les temps qui nous viennent, Lionel Langlais, c’est un gros bonheur que je nous souhaite à nous tous.
Quentin
Il est remarquable que chaque année, en son début, on se la souhaite entre nous et tous autant qu’on est, la meilleure possible. C’est qu’en vérité, c’est plus fort que nous, chaque année on a l’impression d’un nouveau départ, d’une redistribution des cartes.
Mais que penseriez-vous si, assis à une table de poker, vos partenaires de jeu vous souhaitaient, chacun et tour à tour, un pot phénoménal et un jackpot ramasse-tout en fin de partie ?
D’abord, certainement, un peu par politesse, un peu par lâcheté, vous feriez comme eux. Mais surtout vous seriez pour le moins très dubitatifs quant à leur sincérité.
On est entre nous, on peut bien se le dire : il est rare, très rare, que le bonheur des autres nous aide à vivre, très improbable que la chance phénoménale et insistante du connard d’en face nous réconcilie avec notre destin bordélique ou raplapla.
Est-ce à dire que le malheur des autres… ? Non, faut pas déconner non plus. En tout cas, pas un malheur grave. Mais une petite peau de banane sur le chemin, une gamelle subséquente et les quatre fers en l’air, faut admettre : à voir c’est pas déplaisant. Ça déride, ça décoince ; ça suffit pas à vous remettre debout un déprimé chronique, mais ça vaut bien le p’tit-coup-pour-la-route qui vous requinque un bonhomme pas gai.
La chanson, ça rigole pas du tout, question chance. Comme tous les milieux artistiques, d’ailleurs. C’est très superstitieux, les artistes. Yves Montant – qui en savait quelque chose – pour savonner durablement la planche du Reggiani en haut de l’affiche de Casque d’Or avec la Simone, en son temps Montant n’a rien trouvé de mieux que de raconter partout que son grand ami Serge traînait la poisse à ses basques et la ramenait sur tous les tournages. Il faut avoir vu Reggiani en fin de parcours remâcher tout ça entre tristesse et colère pour réaliser combien ce milieu peut-être hanté.
Au point qu’on ne se dit pas « bonne chance » parce que ça porte-malheur ! À la place, on se dit « merde ». Ça vous donne des tas de gens qui s’embrassent en s’envoyant des « merdes » avec un plaisir quelquefois sur-joué mais jamais dissimulé. Le mec qui a lancé cette bouffonnerie devait être un sacré déconneur, moi je vous le dis… et il a dû beaucoup s’amuser.
Je me rappelle la tête de Lionel le jour où, pour la première fois, on lui a dit « merde » avant qu’il entre en scène. Lui, ne sachant pas trop quoi répondre à ça, il dit : « merci ! ». Catastrophe !!! L’autre croise vite fait ses doigts à déjouer les mauvais sorts et très sérieusement prend Lionel à part pour le sermonner comme un gamin :
— Faut jamais dire « merci » quand on vous dit « merde » !
— Ah bon ? Pourquoi ?
— Mais ça porte malheur !!!
Tout porte malheur dans le spectacle. Même le succès.
À propos, je ne vous ai pas dit : on a fini le studio ! Si ! À l’heure où je vous écris, les titres sont mixés ! Reste le mastering, et c’est pour bientôt ! Dans 15 jours je pourrai commencer le tour des Labels… En attendant entre nous on s’écoute les titres, on se les réécoute. Les guitares de Simon, le violoncelle de Guillaume, et Lionel… J’ai hâte, vraiment hâte que vous entendiez ça…
On en a parlé avec Simon l’autre jour. De Lionel.
Au fond, ce que je vous souhaite pour 2010, c’est de connaître Lionel Langlais, par la scène, par le disque, et d’à votre tour le faire connaître.
Je vous souhaite d’être de cette aventure-là .
Parce que Lionel Langlais est de ces artistes qui déboulent dans leur époque comme une bonne nouvelle dans une mauvaise passe.
Oui finalement, pour les temps qui nous viennent, Lionel Langlais, c’est un gros bonheur que je nous souhaite à nous tous.
Quentin







Commentaires
1. Le jeudi 21 janvier 2010 à 19:15, par Fred
2. Le dimanche 6 juin 2010 à 17:34, par sonnerie portable gratuit
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