Si je vous disais le spectacle de Lionel Langlais...
Par Quentin, jeudi 6 août 2009 à 11:07 :: Les confidences de Quentin :: #22 :: rss
Si je vous disais le spectacle de Lionel Langlais, je vous parlerais de « noir et blanc ». Je le sais depuis la semaine dernière où le gars chargé d’ouvrir des billetteries en ligne pour le spectacle de la rentrée au Darius Milhaud (à partir du 22 août jusqu’au 30 novembre) m’a demandé de revoir pour certains sites la présentation jusqu’alors en cours.
J’avais droit à cinq lignes minimum, huit au maximum. Voici ce que j’ai écrit :
Lionel Langlais se présente en scène costumé cravaté dans un noir et blanc impeccable. Guillaume Bongiraud, le jeune musicien qui l’accompagne, en a l’air presque négligé. On va vite apprendre qu’en fait il est de loin le plus pointilleux des deux. Jusqu’à lui faire répéter le moindre de ses gestes, et même ses trous de mémoire ! Spectateur, de confidence en confidence vous êtes vite embarqué au cœur d’une relation complexe et drôle. Et mine de rien, l’un au violoncelle l’autre à la guitare, ils vous donnent un spectacle complet où rien ne manque de ce que Lionel Langlais, en chansons tristes émouvantes ou gaies, est venu vous dire de son amour de la vie !
Rigolez pas… ça m’a pris trois heures !
Si vous avez déjà vu le spectacle, au moins reconnaissez que tout y est. A commencer par l’effet noir et blanc du costard-cravate.
C’est de ça dont je veux vous parler aujourd’hui. Pas du costume. Mais du noir et blanc. Je veux dire du contraste, plus exactement de l’utilisation des contrastes - des chansons, des situations, des émotions - dans le spectacle de Lionel.
Dès le tout début de notre travail de mise en scène, je n’ai pas envisagé Lionel autrement qu’habillé dans une tenue blanche et noire. C’était comme une évidence. De même que l’actuel visuel conçu par Michaël Bauswein a été réalisé en noir et blanc sans que nous l’ayions vraiment voulu mais parce que Michaël a, comme photographe, une franche prédilection pour le noir et blanc. Et plus on creuse le spectacle dans sa conception, jusqu’aux chansons, plus on fouille la réalisation, plus on y trouve de contrastes, involontaires, mais marqués.
Au point que je me demande, depuis que j’ai écrit ces quelques lignes sur le spectacle, si ce n’est pas autour de cette idée de contraste qu’il faudrait organiser le développement artistique de Lionel. Parce que tout simplement il est un être très contrasté.
C’est pas si courant ! Nous sommes tous, le plus souvent, un conglomérat de contradictions. Et nos contradictions se heurtent, se combattent. Les contrastes, eux, s’harmonisent, s’arrangent. Et, d’ailleurs, un être ouvertement contrasté n’apparaît jamais contradictoire. Au contraire, il assume une complétude. Une entièreté. Et, le plus remarquable, c’est qu’il semble finalement s’en dégager une morale.
Au fond - et c’est sûrement là que je voulais en venir - il en va toujours d’un bon spectacle comme d’une vie réussie : il s’en dégage une morale. Et, il ne faut pas s’y tromper, c’est justement ce que sans le savoir on cherche quand on contemple une vie réussie ou quand on va au spectacle : une morale.
A la semaine prochaine…
Quentin
J’avais droit à cinq lignes minimum, huit au maximum. Voici ce que j’ai écrit :
Lionel Langlais se présente en scène costumé cravaté dans un noir et blanc impeccable. Guillaume Bongiraud, le jeune musicien qui l’accompagne, en a l’air presque négligé. On va vite apprendre qu’en fait il est de loin le plus pointilleux des deux. Jusqu’à lui faire répéter le moindre de ses gestes, et même ses trous de mémoire ! Spectateur, de confidence en confidence vous êtes vite embarqué au cœur d’une relation complexe et drôle. Et mine de rien, l’un au violoncelle l’autre à la guitare, ils vous donnent un spectacle complet où rien ne manque de ce que Lionel Langlais, en chansons tristes émouvantes ou gaies, est venu vous dire de son amour de la vie !
Rigolez pas… ça m’a pris trois heures !
Si vous avez déjà vu le spectacle, au moins reconnaissez que tout y est. A commencer par l’effet noir et blanc du costard-cravate.
C’est de ça dont je veux vous parler aujourd’hui. Pas du costume. Mais du noir et blanc. Je veux dire du contraste, plus exactement de l’utilisation des contrastes - des chansons, des situations, des émotions - dans le spectacle de Lionel.
Dès le tout début de notre travail de mise en scène, je n’ai pas envisagé Lionel autrement qu’habillé dans une tenue blanche et noire. C’était comme une évidence. De même que l’actuel visuel conçu par Michaël Bauswein a été réalisé en noir et blanc sans que nous l’ayions vraiment voulu mais parce que Michaël a, comme photographe, une franche prédilection pour le noir et blanc. Et plus on creuse le spectacle dans sa conception, jusqu’aux chansons, plus on fouille la réalisation, plus on y trouve de contrastes, involontaires, mais marqués.
Au point que je me demande, depuis que j’ai écrit ces quelques lignes sur le spectacle, si ce n’est pas autour de cette idée de contraste qu’il faudrait organiser le développement artistique de Lionel. Parce que tout simplement il est un être très contrasté.
C’est pas si courant ! Nous sommes tous, le plus souvent, un conglomérat de contradictions. Et nos contradictions se heurtent, se combattent. Les contrastes, eux, s’harmonisent, s’arrangent. Et, d’ailleurs, un être ouvertement contrasté n’apparaît jamais contradictoire. Au contraire, il assume une complétude. Une entièreté. Et, le plus remarquable, c’est qu’il semble finalement s’en dégager une morale.
Au fond - et c’est sûrement là que je voulais en venir - il en va toujours d’un bon spectacle comme d’une vie réussie : il s’en dégage une morale. Et, il ne faut pas s’y tromper, c’est justement ce que sans le savoir on cherche quand on contemple une vie réussie ou quand on va au spectacle : une morale.
A la semaine prochaine…
Quentin







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