Par Lionel,
mercredi 10 mars 2010 à 23:18 :: "Vincent Garbo" de Quentin Lamotta
"Si tu croisais Vincent Garbo dans la rue, tu verrais d'abord un blond d'une vingtaine d'années et tu le trouverais beau. Mais s'il te regardait de ses yeux noirs, tu ressentirais sûrement un malaise d'ailleurs justifié : ce gars-là n'est pas loin de dégainer un flingue et de tirer dans le tas. On en voit pas mal de par le monde, ces temps-ci, qui font ça, qui dégainent et qui tirent, sans scrupules, et sans aucun mobile apparent. Si tu veux mon avis, on en verra d'autres. Toi, dans ce tas qui environne Vincent Garbo, estime-toi plutôt chanceux : il n'a d'armes que des mots."
"Vincent Garbo" (Extrait) de Quentin Lamotta paru aux éditions L'Harmattan
Si je suis compositeur de presque toutes mes chansons, Quentin en est l'auteur. Mais il est aussi écrivain.
Son premier roman "Le Crabaudeur" est paru en 2000 chez Dire éditions. Aujourd'hui, c'est au tour de "Vincent Garbo".
Pour vous le procurer, rendez-vous sur le
site des éditions L'Harmattan.
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Par Lionel,
mercredi 10 mars 2010 à 00:04 :: Avis du public
Ils ont vu le spectacle et vous en parlent :
cliquez ici...
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Par Quentin,
mardi 9 mars 2010 à 19:20 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais le master suite et fin, ce serait pour évidemment vous annoncer que ça y est cette fois c’est fait, qu’on le tient qu’on l’a, qu’il est à nous plus vrai que vrai dans la popoche LE master quiquequoidont je vous parlais dans ma dernière confidence, dans ce même blog où se trouvent et se retrouvent les celles et ceux qui suivent les pas à pas de Langlais le chanteur qui rit qui pleure.
Quoi ? Seulement maintenant le master ?? Que ça fait déjà quasiment trois semaines que Simon était censé se pointer au fameux studio de mastering avec les mixes ??? Trois semaines pour un master ? Non mais on se fout de nous là !
Bon, d’abord, c’est pas la peine de s’énerver. Je vous ai toujours dit que je vous dirais tout, et je vais tout vous dire. Donc on se calme. D’ailleurs, en passant, Lionel a horreur qu’on monte le ton comme ça devant lui, et je sais qu’il tient à ce que son blog soit doux comme un jardin sans ronces et convivial comme un sourire aux anges.
Cela dit, je vais pas le nier : je savais que ces trois semaines allaient vous paraître excessivement longues et que, pour la plupart anxieux tourmentés à vous ronger les sangs, vous alliez très certainement aller imaginer des choses horribles.
Moi-même j’ai fait une nuit le cauchemar de Simon perdu en forêt de Fontainebleau (le studio de mastering est à Fontainebleau). Tenant les précieux mixes sous son blouson, bravant le froid, il se cognait d’épuisement à des arbres centenaires qui se moquaient de lui tandis qu’une voix intérieure, stridente et fausse, lui chantait à tue-tête « j’veux l’ gros camion dans la vitrine !! ». Soudain, un guide mystérieux se présenta devant lui et le mena jusqu’à un abri sous-terrain, gardé par quatre molosses toutes dents dehors et enchaînés à des pieux en fer forgé. Une porte s’ouvrit, comme en glissant, une lumière aveuglante lui explosa littéralement à la figure, le projetant ventre à terre. Il sentit une main gantée glisser sous le blouson pour lui voler les mixes. Rejeté du blockhaus comme une pelure, il erra des jours et des nuits, se nourrissant de glands et de fougères, et ne se trouvant pas du tout le courage de rentrer pour enfin avouer l’incroyable mésaventure à Lionel. Des loups, chassés jusqu’ici par le réchauffement climatique, entreprirent de l’adopter et de l’initier à la vie en meute. C’est comprenant que le chef de la meute projetait en sus de le fiancer à la femelle nouveau-née, qu’il poussa le hurlement affreux qui me réveilla en sursaut.
Mon premier réflexe fut évidemment d’en référer à la gendarmerie la plus proche. En effet, nous étions sans nouvelles de Simon depuis une semaine, sa messagerie était pleine, et mon inconscient ne m’a jamais embarqué dans pareille dinguerie sans raison prémonitoire (dans ma toute dernière en date, le patron d’une Major portant le nom d’une grosse bisbille napoléonienne, me demanda, à genoux et devant tout son personnel interloqué, la permission de le laisser signer Lionel en exclusivité et à vie…).
J’étais sous ma douche, et donc pas encore sur le chemin de la gendarmerie, quand Lionel m’appela. Il venait miraculeusement d’avoir des nouvelles de Simon…
Je lui demandai de me laisser quelques instant afin de me préparer au pire, alla m’asseoir dans un fauteuil, à cause des accoudoirs qui m’empêcheraient éventuellement de tomber plus bas encore :
— Je t’écoute…
— He ben voilà, en fait tout va bien, c’était rien, enfin c’est juste que Simon a eu un gros rhume…
— Pardon ??
— Il a eu un rhume…
— Un rhume ???
— Ben oui, un rhume !
— Mais enfin Lionel, tu te rends bien compte ?? J’allais à la gendarmerie, là, Lionel !! Des centaines de personnes attendent sur ton blog des nouvelles de ton master !!! Je leur ai dit que c’était pour y a déjà quinze jours !!! Et toi tu me parles d’un rhume !!!
Là-dessus, il me raccroche au nez (je vous l’avais dit, il a horreur qu’on monte le ton).
Je vous imagine, là maintenant, éberlués comme je l’ai été : un rhume….
À quoi ça tient, une machine hypersophistiquée, un technicien hyperaupoint, un Simon hyperfeuillupointu… Un microbe de rien du tout dans tout ça et tout est dit : le microbe dans le nez de Simon fait son miel, bouche les conduits, se fabrique là-dedans son abri bien au chaud calfeutré, monte le thermostat, et voilà le Simon fiévreux sourd comme un pot, et du même coup le mastering remis à plus d’une semaine plus tard.
Mais fini le suspens avec vos nerfs : l’événement a eu lieu lundi à 18 h12. Simon a remis LE master à Lionel qui l’a tout de suite placé en lieu sûr.
Et c’est comme ça que depuis ce matin, en ligne ici même et sur le myspace, vous pouvez écouter des titres enfin masterisés.
Et... toute dernière nouvelle en date : j’ai rendez-vous chez Wagram jeudi à 16 h !!!
Je vous tiens au courant. Promis
Quentin
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Par Quentin,
lundi 15 février 2010 à 17:55 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais LE master, ce serait parfaitement d’actualité puisque c’est aujourd’hui – là maintenant en ce moment même où je vous écris cette ligne de mots sur quoi vos yeux s’avancent – que Simon s’en va du même pas porter les mixes au studio de mastering.
Pour les retardataires et les nouveaux venus, dans un précédent billet j’ai déjà expliqué ce que sont des mixes et un master, et vous conviendrez sans doute que je ne peux pénaliser tout le monde d’une redite, au prétexte que vous êtes nouveaux ou retardataires. Il est vrai aussi, concédons-le, qu’on ne saurait exclure l’hypothèse que certains parmi vous, très chers et très fidèles lecteurs, aient pu avec le temps, sinon oublier du moins flouter quelque peu ces notions, qu’une légère redite permettrait d’astiquer jusqu’à la parfaite netteté qui mettrait tout le monde en mesure de comprendre de quoi que je vous cause.
Le master, Simon vous en parlerait mieux que moi, mais il a justement mieux à faire en ce moment puisqu’il est précisément – je viens de vous le dire en préambule – sur le chemin du studio de mastering. Car il y a des studios de mastering. Où on ne fait que ça, masteriser des mixes pour en faire des masters pour fabriquer des albums.
Simon vous en parlerait pendant des heures. Simon adore parler du mastering. Hier dimanche on était précisément au café le Dalou, à Nation, avec Lionel et Simon. Et il nous parlait du mastering.
Simon vous parle du mastering avec une telle intensité, un tel plaisir, qu’à l’écouter un quart d’heure on finit par se demander si on n’a pas gâché sa vie tout ce temps qu’on a passé pour rien, à totalement ignorer ce qu’était le mastering. Simon vous parlant du mastering, c’est Luchini jouant sur La Fontaine. Les curés nous parleraient du Bon Dieu comme Simon du mastering, il faudrait vite nous construire des cathédrales avec séances en multiplexe pour contenir nos foules assoiffées de transcendance.
On peut légitimement, et sans rien exagérer du tout, se demander si Simon n’est pas devenu le guitariste qu’on sait, au seul prétexte d’un jour pénétrer le saint des saints du cœur nucléaire de l’industrie du disque : le mastering.
À écouter Simon, à le suivre, on se sent dans un couloir sous-terrain mené par la main vers un mystère. Tout juste s’il n’a pas la lampe au front. La voix se fait basse, discrète, comme pour révéler un secret, et les mains font des signes. Quand finalement le coin du voile se soulève… suffit de le regarder s’émoustiller, on sait qu’on y est, n’y a pas d’erreur possible, on y découvre de loin un univers vaste comme un ciel, infini comme le dedans de la matière, on est prié de s’essuyer les godillots sur le paillasson, on entre dans... LE SON.
La seule et dernière fois que je suis entré dans un studio de mastering, c’était il y a un peu plus de 20 ans. La préhistoire, vous me direz. Sans doute, mais déjà la pièce ressemblait à une clinique futuriste et le technicien en blouse blanche à un neurochirurgien ; genre de mec qui rêve de te scanner en te serrant la main et dont tu sens qu’il aurait fini serial killer s’il avait raté ses études.
Au fond, le technicien, je parie, se fout du mastering, comme le neurochirurgien se fout de la microchirurgie. C’est ton cerveau qui passionne le neurochirurgien, et c’est LE SON qui titille l’obsessionnelle curiosité du technicien ou qui fait saliver d’avance le Simon à l’idée de passer du temps à décortiquer chaque élémentaire particule du futur album de Lionel Langlais.
Quelle part la passion de Simon pour le son et le mastering aura-t-elle dans le succès de Lionel Langlais ?
Pour vous en faire une première idée, allez écouter les titres que Lionel vient de mettre en place ici même sur son blog ou sur sa page myspace. Ceux-là sont pré-mastérisés. Les mêmes titres mastérisés, sortis de la clinique, seront en ligne sans doute à la fin de la semaine.
Perceptible ou non, la différence y sera. Et elle y sera effective.
Comme, dans le monde de la chanson, la présence encore imperceptible de Lionel est d’ores et déjà effective, si l’on s’en tient au nombre croissant de vos quotidiennes visites dans ce blog.
Au fait, pour vous en remercier, voici en cadeau l’ordre des titres tel qu’il apparaîtra sur le futur album :
1 Ah ! La vie
2 Le gros camion
3 Les mots de trop
4 L'amour enfin
5 Le chat looké matou rappeur
6 La rue des Oiseaux
7 Let's go dans l'eau
8 Y'a des jours
9 In extremis
10 Ta Sophie
11 Toutes les hommes sont belles
12 Sous des fleurs et du vent
13 Ma vraie vie
Et, confidence pour confidence, je vais, dès la semaine prochaine, démarcher avec LE master les labels. Je vous raconterai au fur et à mesure mes rendez-vous. Et sans rien vous cacher…
En attendant, n’oubliez pas que chaque samedi Lionel chante au Darius Milhaud (Paris 19 Porte de Pantin)
Amitiés,
Quentin
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Par Quentin,
mardi 19 janvier 2010 à 23:15 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais 2010, je commencerais forcément par vous la souhaiter comme il se doit : bonne, heureuse, pleine de vigueur, de santé, de vœux réalisés, de désirs satisfaits, de peurs en allées et d’amour à donner.
Il est remarquable que chaque année, en son début, on se la souhaite entre nous et tous autant qu’on est, la meilleure possible. C’est qu’en vérité, c’est plus fort que nous, chaque année on a l’impression d’un nouveau départ, d’une redistribution des cartes.
Mais que penseriez-vous si, assis à une table de poker, vos partenaires de jeu vous souhaitaient, chacun et tour à tour, un pot phénoménal et un jackpot ramasse-tout en fin de partie ?
D’abord, certainement, un peu par politesse, un peu par lâcheté, vous feriez comme eux. Mais surtout vous seriez pour le moins très dubitatifs quant à leur sincérité.
On est entre nous, on peut bien se le dire : il est rare, très rare, que le bonheur des autres nous aide à vivre, très improbable que la chance phénoménale et insistante du connard d’en face nous réconcilie avec notre destin bordélique ou raplapla.
Est-ce à dire que le malheur des autres… ? Non, faut pas déconner non plus. En tout cas, pas un malheur grave. Mais une petite peau de banane sur le chemin, une gamelle subséquente et les quatre fers en l’air, faut admettre : à voir c’est pas déplaisant. Ça déride, ça décoince ; ça suffit pas à vous remettre debout un déprimé chronique, mais ça vaut bien le p’tit-coup-pour-la-route qui vous requinque un bonhomme pas gai.
La chanson, ça rigole pas du tout, question chance. Comme tous les milieux artistiques, d’ailleurs. C’est très superstitieux, les artistes. Yves Montant – qui en savait quelque chose – pour savonner durablement la planche du Reggiani en haut de l’affiche de Casque d’Or avec la Simone, en son temps Montant n’a rien trouvé de mieux que de raconter partout que son grand ami Serge traînait la poisse à ses basques et la ramenait sur tous les tournages. Il faut avoir vu Reggiani en fin de parcours remâcher tout ça entre tristesse et colère pour réaliser combien ce milieu peut-être hanté.
Au point qu’on ne se dit pas « bonne chance » parce que ça porte-malheur ! À la place, on se dit « merde ». Ça vous donne des tas de gens qui s’embrassent en s’envoyant des « merdes » avec un plaisir quelquefois sur-joué mais jamais dissimulé. Le mec qui a lancé cette bouffonnerie devait être un sacré déconneur, moi je vous le dis… et il a dû beaucoup s’amuser.
Je me rappelle la tête de Lionel le jour où, pour la première fois, on lui a dit « merde » avant qu’il entre en scène. Lui, ne sachant pas trop quoi répondre à ça, il dit : « merci ! ». Catastrophe !!! L’autre croise vite fait ses doigts à déjouer les mauvais sorts et très sérieusement prend Lionel à part pour le sermonner comme un gamin :
— Faut jamais dire « merci » quand on vous dit « merde » !
— Ah bon ? Pourquoi ?
— Mais ça porte malheur !!!
Tout porte malheur dans le spectacle. Même le succès.
À propos, je ne vous ai pas dit : on a fini le studio ! Si ! À l’heure où je vous écris, les titres sont mixés ! Reste le mastering, et c’est pour bientôt ! Dans 15 jours je pourrai commencer le tour des Labels… En attendant entre nous on s’écoute les titres, on se les réécoute. Les guitares de Simon, le violoncelle de Guillaume, et Lionel… J’ai hâte, vraiment hâte que vous entendiez ça…
On en a parlé avec Simon l’autre jour. De Lionel.
Au fond, ce que je vous souhaite pour 2010, c’est de connaître Lionel Langlais, par la scène, par le disque, et d’à votre tour le faire connaître.
Je vous souhaite d’être de cette aventure-là.
Parce que Lionel Langlais est de ces artistes qui déboulent dans leur époque comme une bonne nouvelle dans une mauvaise passe.
Oui finalement, pour les temps qui nous viennent, Lionel Langlais, c’est un gros bonheur que je nous souhaite à nous tous.
Quentin
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Par Quentin,
jeudi 10 décembre 2009 à 20:18 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais samedi, ce serait pour vous raconter le 5 décembre au Darius Milhaud…
On savait qu’un organisateur, programmateur d’une salle pas loin de la Rochelle, avait réservé sa soirée pour venir entendre Lionel.
Ça commençait moyennement bien dans la mesure où Guillaume, au Japon pour quinze jours, ne pouvait pas assurer sa partie. Pas de problème pour Lionel. C’est un réaliste. Pas du genre à se morfondre de ce qui est, l’accepte comme une donnée, et si possible s’en sert. Guillaume n’est pas là, il se dit, ça va m’obliger à me donner plus et quand Guillaume reviendra le spectacle n’en sera que plus fort.
Petite contrariété supplémentaire : ce jour-là, samedi, Lionel n’a pas trop le moral. « Mal branché », il me dit au téléphone. Justement, ça fait un peu partie de mon boulot de le « rebrancher » quand il faut.
Il a pris cette habitude de me prévenir, quand il est « mal branché ». Et j’en suis content. Avant, je devais le deviner – c’était d’ailleurs facile – et quand je le devinais ça l’énervait davantage. Et je comprenais : j’avais l’air du plombier qui constate une fuite d’eau, qui la regarde, mais sans du tout sortir la caisse à outils. Et moi je la sortais pas, la caisse à outils, parce que personne ne m’avait rien demandé ; c’est l’un des principes essentiels de mon coaching : t’es libre d’aller comme tu l’entends, y compris très mal, et si t’as besoin de mon aide, faut la demander ; d’une manière ou d’une autre, faut la demander.
La contrepartie de cette règle c’est que je suis disponible dès la demande formulée. Il se trouve que samedi j’étais fatigué. Pas du tout disposé à remonter le moral de qui que ce soit. Et donc à deux doigts de la grosse faute qui consiste à ne pas respecter une règle qu’on a soi-même posée.
Il a senti la chose, en a fait des efforts. Alors moi aussi.
Faut dire qu’il a été très marqué, il n’y a pas longtemps, et justement par une soirée au Darius Milhaud. Le public était manifestement content du spectacle, mais nous pas trop. En sortie de scène, l’air accablé Lionel est venu me demander ce que j’en pensais.
— Réjouis-toi d’être chanteur, je lui ai dit. Ce soir si t’avais été toréador, à l’heure qu’il est, tu serais mort…
Ma réflexion l’a glacé. Toute la semaine d’après il a vécu comme si une corne de taureau lui avait effectivement effleuré la peau du ventre. Et depuis il se méfie beaucoup de l’humeur insidieuse qui s’installe avant le spectacle, vous prend la tête et vous détourne de l’essentiel, du don de soi, de la beauté du geste, de l’amour à partager, de la vérité que tout public vient justement chercher quand il vient au spectacle...
Nous étions très concentrés en arrivant samedi à 19h30 au Darius Milhaud. « À se demander comment ils seraient si c’était à Bercy… » on pourrait ricaner. Et on aurait tort. Après tout, c’est pas la grandeur de l’arène qui fait la dangerosité du taureau ni la hauteur de l’église qui fait l’ardente foi du curé à t’assurer la présence du divin à l’autel.
Lionel file direct dans sa loge et je vais de mon côté à l’accueil. Pour apprendre qu’il n’y a aucune réservation prévue, personne, personne en vue… que l’organisateur.
Tiens, au fait, il fait quoi le curé, si n’y a personne, vraiment personne dans son église ? Il dit la messe ? Je sais pas. Devrait la faire.
L’organisateur finalement arrive dans un hall désert. Il est venu avec un ami à lui. Bonne idée. Il se révèle absolument charmant. Il se dit ravi d’être là, vraiment content de venir voir Lionel qu’il a seulement entendu sur myspace.
Je lui annonce qu’ils ne seront que deux spectateurs. Large sourire du monsieur : « un spectacle pour nous, rien que pour nous, moi j’appelle ça un luxe… » Je lui précise maintenant que le violoncelliste est au Japon et que donc… Là, c’est visible, il est un peu déçu. « Bon… c’est l’occasion de voir de ce que ce jeune homme a dans les tripes, c’est pas plus mal !»
Un peu plus d’une heure après, nous sortons de la salle, l’organisateur, son ami et moi. Je suis un peu secoué, faut dire. Lionel m’a étonné, surpris, ému. On est là tous les trois dans le hall toujours désert. On se regarde. L’organisateur cherche ses mots :
— Je vais vous dire quelque chose… J’ai cet après-midi appris une très… très mauvaise nouvelle… la mort d’un ami très cher… La perspective de venir à un spectacle, franchement… je vous avoue que je suis venu parce que j’avais promis… et là… je veux vous dire… Lionel… par sa présence, ses chansons, cette force de vie incroyable… c’est un petit miracle pour moi, vous comprenez ? Qu’il n’y ait eu personne… c’est comme un petit miracle pour moi… c’est merveilleux… en fait je ne pouvais pas espérer mieux pour aujourd’hui… C’est une magnifique soirée…
On dirait une parabole. Non ?
Quentin
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Par Quentin,
vendredi 20 novembre 2009 à 19:16 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais les voix, ce ne serait pas du tout pour me lancer dans une vague considération sur les phénomènes d’oreilles hallucinées de voix tombées des nues.
Si je vous disais les voix, ce serait pour vous raconter l’enregistrement des voix de Lionel sur l’album qu’on est en train de faire.
Enregistrer sa voix, c’est pas si facile. Et l’enregistrer sur un album, qu’on le veuille ou non, c’est un peu l’immortaliser. Pour peu qu’on ne soit pas très sûr de soi, à juste titre ou par excès de zèle, l’exercice est angoissant. Pour peu qu’on ne soit pas très sûr de soi…
Une fois exclue la simagrée — jamais le fait de vrais artistes — il reste que le doute est permis. Surtout quand il s’agit de livrer aux autres une part de soi qu’on voudrait la plus vraie, la plus juste, la plus touchante, la plus émouvante, et nonobstant sincère, authentique, véritable.
Il en va de l’art comme de la justice. Il y faut de l’intime conviction, devant quoi le doute, même raisonnable, s’efface. Une justice qui doute par principe et tout le temps, c’est une justice qui tôt ou tard ne fonctionne plus. L’intime conviction n’est pas infaillible, bien sûr, mais au moins elle rend la justice. L’artiste qui n’a pas d’intime conviction ne fera jamais rien qui vaille la peine qu’on se dérange. Et seul l’artiste qui possède une intime conviction — ou qui est possédé par elle — parviendra peut-être à nous descendre de notre train-train en route, ce pour quoi il est artiste.
C’est beau à voir, si vous saviez, un artiste, qui a une intime conviction, qui sait qu’il est à sa juste place, ce qu’il a dire, à faire, qui travaille en conséquence et qui finalement le dit et le fait. J’en ai tant vus se tripatouiller à longueur de temps les méninges pour à peine en jouir au bout d’un plaisir minable qui ne les satisfaisait pas, et qui s’en jugeaient perfectionnistes… (Pas de méprise : j’ai rien du tout contre la masturbation, qu’elle soit intellectuelle ou non ; je rappelle seulement que c’est un exercice stérile, qui ne devrait jamais concerner que le masturbateur lui-même, alors que, en matière artistique, le masturbateur généralement nous les casse à la seule fin abusive qu’on prenne sa vessie pour notre lanterne).
Tu vois Lionel en studio, comme sur scène, tu jurerais qu’il a fait l’école du cirque. Et là, attention, c’est le plus beau compliment que je puisse faire à un chanteur. Tiens, tous nos chanteurs-chanteuses devraient faire cette école. Du clown au trapèze, du funambule au dompteur, tous au cirque. Pas de triche possible quand t’es clown, trapéziste, funambule ou dompteur.
Lionel a posé ses treize voix en trois séances. Trois ou quatre prises à chaque fois, jamais plus. Et jamais content qu’on lui propose de corriger un petit défaut par une légère pirouette technique. Et pas du tout regardant sur la qualité de sa voix ou la beauté de son timbre. Il s’en fout et ne lui en parlez pas, ça l’énerve… Un peu comme si vous faisiez remarquer au funambule qu’il est bien coiffé. Avouez que ce serait concon.
Parce qu’il a cette intime conviction dont je vous causais tout à l’heure. Comme le clown, le trapéziste, le funambule ou le dompteur. L’intime conviction viscérale du bébé qui vient au monde. C’est la même, cherchez pas. Ça se demande pas du tout ce que ça fout là. Ça aura besoin que le monde l’accepte, bien sûr, et ça fera des risettes pour ça, normal, mais pas plus, croyez-moi ; ça existe et pis c’est tout !
Il a tout de même eu une difficulté, je dois dire, Lionel en studio. La Rue des Oiseaux. Difficulté qu’il avait d’ailleurs prévue, et en conséquence de quoi il avait placé la chanson tout à la fin des enregistrements.
Evidemment parce que c’est la chanson la plus personnelle de son répertoire. Et que Lionel est très très pudique…
Pudique ? Lionel ? Avec tout ce qu’il déborde d’émotions quand il chante ? Pudique ?
Oui, pudique. Sans quoi ce qu’il fait ne serait pas de l’art. Seulement un étalage indécent.
Oui, pudique. Très.
Un Artiste, je vous dis.
Un Sacré Artiste.
Et mes mots sont pesés.
Et dire qu’il va me falloir, dans quelques semaines, aller en convaincre des types affalés dans des fauteuils qui vont me dire un sourire en coin qu’ils voient des artistes tous les matins et que bon la crise du disque et pis déjà la crise tout court…
J’avais réussi à en convaincre un d’au moins venir voir Lionel en spectacle lundi dernier. J’étais content, tranquille. Parce que voir Lionel en spectacle, même si t’es sourd ça le fait.
Le mec n’est pas venu. S’est décommandé par un mail très gentil et désolé.
Faut pas que je m’énerve. En quoi ça servirait le talent de Lionel et en fin de compte la chanson française que je finisse ma vie en taule pour homicide volontaire ?
Encore que… vous me direz… au moins on en parlerait… oui m’enfin bon…
Remarquez, déjà rien qu’avec ça, les mecs que je vais voir dans quelques semaines, s’ils viennent sur le blog, vont au moins éviter le sourire en coin…
Enfin y a vous… de plus en plus nombreux… sur ce blog. Je le sais, j’ai un secret radar qui vous compte…
Heureusement que vous êtes-là… Vous.
À très bientôt
Quentin
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Par Lionel,
samedi 14 novembre 2009 à 12:35 :: LEGROSCAMION PROD
Ça y est : après une gestation de plusieurs mois, nécessaire à son développement embryonnaire (et surtout administratif…), nous avons la joie de vous annoncer la naissance du label
LEGROSCAMION PROD.
Aujourd’hui immatriculé (c’est ce qu’on appelle l’immatriculée conception et ça se fait au Registre du Commerce et des Sociétés…),
LEGROSCAMION est déjà sur la route, avec à son volant M. Quentin Lamotta lui-même. Un vieux routier à qui on la fait pas.
La première étape de son voyage qu’on espère très long et plein de surprises, c’est mon premier album, que je suis très fier d’enregistrer en ce moment, dans un p’tit studio tout sympa bien caché au coeur du village Saint-Paul (un quartier de Paris que je vous encourage à découvrir si vous ne connaissez pas).
A tous ceux qui ont répondu présents et qui sont aujourd'hui nos associés dans l’aventure : un grand MERCI pour votre confiance. C’est de l’essence dans le réservoir, et là on a déjà de quoi faire quelques kilomètres…
A très vite sur les routes (enfin pas trop vite non plus, s'agit pas de se faire arrêter ! ),
Lionel
contact LEGROSCAMION PROD :
Quentin Lamotta ou 06 60 38 08 12
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Par Quentin,
mercredi 28 octobre 2009 à 02:24 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais le studio où nous avons commencé l’enregistrement de l’album, il faudrait que d’abord je vous dise le Village Saint-Paul… Un truc dont tous les parisiens ont entendu parler sans jamais y avoir mis les pieds. Et c’est dommage parce que c’est justement un village réservé aux piétons.
Pas un moteur à essence dans ce village-là, des ruelles, des boutiques discrètes et rares, des façades blanc propre, du pavé, un sapin qu’on se demande quel bon vent lui a semé la graine ici, et à côté pas loin, justement, le studio qui pourra plus tard se vanter d’avoir enregistré le premier album de Lionel Langlais…
Enregistrer un album — faut que je vous explique — ça se fait en 3 temps. D’abord enregistrer les instruments et les voix, ensuite mixer tout ça, et pour finir « masteriser ».
Chaque instrument et chaque voix sont enregistrés séparément. Par commodité. Pour éviter d’avoir à tout recommencer dès la première note un peu faussée.
Plus tard, le mixage, c’est quand l’ingénieur du son tripatouille des heures et des heures tous les boutons et les manettes qu’il a devant lui pour que les sons de chaque voix et chaque instrument se tissent entre eux un peu comme des fils de soie dans un tissu pas donné.
Le « mastering » consistera à fabriquer à partir du mix terminé un « master », c’est-à-dire la bande référence à partir de laquelle on va ensuite graver les CDs.
Là, j’ai une très sérieuse confidence qui me vient et que je vais vous faire, je le sens... Je sais pas du tout si Lionel et le reste de l’équipe m’autoriseraient une pareille indiscrétion, mais je vais lâcher le gros bout. Si, si. Tenez-vous bien, mesdames et messieurs, je vais vous donner les titres qui seront sur l’album de Lionel Langlais !!!
Let’s go dans l’eau — Ma vraie vie — Le mal par les mots — In extremis — La rue des Oiseaux — Ta Sophie — Le chat looké matou rappeur — Toutes les hommes sont belles — Sous des fleurs et du vent — Ah ! La vie — L’amour enfin — Y’a des jours — Le gros camion
Et voilà je l’ai dit ! Attention, ils sont là dans le désordre. Pas pour vous embrouiller. Mais parce que l’ordre, ça se décide au tout dernier moment. Comme pour un concert.
Hein ? (…) Treize titres ? Treize ??!! (…) Mais non — vous m’avez fait peur — 12 chansons et un texte !
Autre confidence pendant qu’on y est : Michaël Bauswein, le photographe qui conçoit tous les visuels de Lionel, est venu au studio faire les photos de l’album. C’était, raisonnablement parlant, un peu tôt. Mais Michaël se taille en Thaïlande au moins six mois et on n’avait donc pas le choix.
Que du noir et blanc, les photos. Evidemment. (Ceux qui voient pas pourquoi n’ont qu’à lire les billets précédents, je peux pas non plus passer mon temps à me répéter pour attendre des retardataires au risque d’emmerder gravement les fidèles toujours à l’heure). Pas loin du sapin, on a posé. « Pas si près non plus » dirait Michaël qui ne pense qu’en jeu de mots.
Quand je dis qu’on a « posé » je parle pour Seyo (l’ingénieur du son) Guillaume, Simon, et moi qui vous cause. Parce que, concernant Lionel, on ne peut pas dire — au risque de dénaturer totalement le mot — qu’il a « posé »…
C’est plutôt Michaël qui a dû « poser » son appareil quand il s’est agi pour lui de fixer sur une pellicule Lionel dans le cadre d’une porte. Il fallait bien que quelque chose soit fixe dans cette histoire pour que l’objectif de l’appareil continue de l’être… objectif… Et c’est là qu’on voit le talent du photographe — un talent qui confine au génie — c’est quand on regarde la photo : Lionel est cul par-dessus tête, c’est le cas de le dire, or la photo n’est pas floue…
Vous jugerez par vous-mêmes. La photo sera à l’intérieur du livret. Une raison de plus d’acheter l’album.
En parlant d’album, je vous ai pas dit grand-chose du studio… Je reconnais… Mais c’est qu’il n’y a pas grand-chose à en dire !
Simon a mis ses sons de guitares sur les chansons. Un bonheur à voir autant qu’à entendre. Après, Guillaume a joué de son violoncelle, et Seyo, l’ingénieur, a pris tout ça avec des micros plus ou moins bizarres.
Ah si ! Une chose quand même : à côté de Seyo, il y avait Elton. Un musicien, avec une oreille surprenante, et capable lui aussi de balader, sans qu’elles se perdent, ses mains sur les manettes. Je le voyais qui observait beaucoup Lionel… Un moment, il se penche vers moi :
— Lui, je crois que c’est le Brel de notre génération… Ce gars, il est entier, il donne tout… C’est le Brel de notre génération…
J’ai beau le savoir depuis plus de deux ans, les larmes m’en sont venues aux yeux…
Pour l’instant, on a suspendu le studio jusqu’au 6 novembre. Ce jour-là, à 16 heures, Lionel commencera à « poser ses voix ».
Je penserai à vous.
Quentin
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Par Quentin,
lundi 12 octobre 2009 à 21:36 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais LA rencontre, je vous dirais la première fois que Guillaume, Lionel et Simon ont joué ensemble.
C’était évidemment pour préparer l’album et ça se passait chez moi. Le plus difficile a été de trouver les quelques heures possibles en journée. Ce fut fixé le jeudi 24 septembre à 12h. Lionel arriva à 11h, Simon à 13, Guillaume à 14.
Les instruments sortis des étuis, après les parlottes d’usage, on était dans le vif du sujet. Il s’agissait d’abord de présenter dans le détail à Simon chacune des chansons choisies pour figurer dans l’album.
Simon était venu – je vous l’ai dit ici – écouter Lionel et Guillaume au Nesle. Il lui fallait maintenant étudier de plus près les chansons, dans leur structure, et envisager comment insérer ses guitares dans les histoires qu’elles racontent.
Pour tout vous dire – je suis là pour ça – Simon n’est pas favorable à un long travail de préparation avant l’entrée en studio. Au contraire, il préfère largement la spontanéité de la découverte, la fraîcheur d’une interprétation toute neuve. En fait il aime se surprendre, s’amuser, ça se voit. Il redoute, je crois, de devoir un jour se retrouver à jouer sans plaisir. C’est un extraverti, qui privilégie la sensation, un nerveux, un pressé, Simon. Tout le contraire de Guillaume. Lui c’est un lac. Et y'a jamais le feu au lac, c’est bien connu. Lionel, c’est les deux en un. D’une patience infinie quand ça l’arrange (donnez-lui un coup de pied, il vous le rendra un jour ou l’autre, il a tout le temps…) et d’une impatience caractérielle quand ça le dérange (évitez de caler devant lui quand le feu est au vert si vous n’aimez pas qu’on dise du mal de vous…).
La toute première fois où Simon a fait sonner ses cordes avec celles de Guillaume sur la voix de Lionel, il était 15h22. Je le sais, j’ai regardé ma pendulette. Et tout de suite j’ai su qu’on ferait l’album qu’on voulait faire.
Justement parce que Simon c’est le feu, Guillaume le lac, et que ces deux natures sont en Lionel. C’est l’union des contraires qui fait la force de vie. Pas leur opposition. C’est sur ce thème, qui est aussi, je crois, tout l’enjeu de notre époque, que nous avons conçu sans trop nous en apercevoir l’album ici en gestation. C’est pourquoi sans doute il sera en noir et blanc. Parce que l’union des contraires, c’est le noir et blanc, pas le gris. Le gris c’est la confusion.
« Mais la couleur ? »… vous me direz.
Nous sortons d’une époque de 30 ans où dans tous les domaines nous avons franchement abusé de la couleur. Je parle au propre et au figuré. De la couleur, à nous en saturer la cervelle. Une époque haute en couleurs. C’est ce qu’il en restera. Vous verrez. Avec beaucoup d’audaces, beaucoup d’idées, mais tellement d’inepties et de fausses joies… que je vous en prédis une époque « noir et blanc ». Comme le costume de Lionel et comme son album à venir.
Au fait : nous allons entrer en studio dès le 16 octobre, pour que Guillaume, qui doit s’absenter pas mal d’ici novembre, puisse enregistrer toutes ses parties de violoncelle.
Je vous en dirai tout. Au fur et à mesure. Presque au jour le jour. En confidences.
Portez-vous bien.
Quentin
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Par Quentin,
lundi 21 septembre 2009 à 18:09 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais X Factor, évidemment ce serait encore pour vous parler de Lionel. Car il y a un rapport entre X Factor et Lionel Langlais. Ultra confidentiel, le rapport. Classé top secret défense d’en parler.
Il y a, j’en fais le pari, entre vous qui êtes de plus en plus nombreux à fréquenter ce blog et moi qui vous parle comme au creux de l’oreille, maintenant suffisamment de connivences : vous ne répéterez pas ce qu’aujourd’hui je vais ici lâcher.
Tout d’abord - pour ceux qui l’ignorent - X Factor, c’est une émission de télé. Qui va tenter de s’installer sur W9 et qui, comme tant d’autres depuis 50 ans, mise sur la découverte de jeunes talents.
Début juin, je crois, par mail Lionel est sollicité pour poser sa candidature et participer au casting. Surpris mais totalement convaincu que jamais il n’ira fourvoyer son jeune talent dans cette merdique aventure, il se tourne vers moi, par principe, histoire que j’entérine sa décision de mon tampon managérial.
Il se trouve - on ne saura jamais pourquoi - que ce soir-là l’occasion m’amuse et que je ne vois aucun inconvénient à la saisir franchement. Bien au contraire. Au fond je suis surtout d’avis qu’il ne faut jamais refuser de pousser un peu du pied une porte qui déjà s’entrouvre toute seule ; histoire d’aller y voir. A la condition que Lionel reste lui-même et ne fasse rien qu’il désavoue au fond, plus j’y réfléchis moins je ne vois l’intérêt de refuser cette proposition.
On en discute. Et finalement il se range à mon avis.
Tout se fait par Internet. Le rendez-vous est fixé un matin de septembre à 8 heures à l’hôtel Mercure de la porte Saint-Cloud. On nous dit qu’il s’agira de chanter une ou deux chansons a capella et on nous prévient qu’il serait prudent de prévoir des sandwiches.
Effectivement il y a déjà du monde quand on arrive. Facilement 200 personnes. On nous remet un numéro de passage et un accord préalable à signer. Il s’agit d’un règlement assez complet qui stipule dès le début que tout se déroulera en 4 phases visant à écrémer les candidats jusqu’à n’en retenir que 12. Un détail attire tout de suite l’attention de Lionel : dès la deuxième phase, le candidat s’engage à chanter ce qu’on lui demande et à contresigner les éventuelles propositions de contrat de management et/ou de disque.
Pour Lionel, tout s’arrête là. Il est 8 huit heures du matin, il est en costume de scène sur un parking d’hôtel, il fait froid, il vient de traverser Paris pour rien, la plaisanterie pas drôle a assez duré, on rentre.
J’avais, vous vous doutez bien, tout particulièrement préparé cette journée dont je savais qu’elle serait pleine de rebondissements et de tensions. On ne se lance pas dans une telle entreprise - faire poireauter Lionel pendant 5 ou 6 heures - sans se douter qu’il va y avoir un moment ou l’autre du grabuge.
Il a signé les papiers, avec agacement et parce que je lui affirmais mordicus que les clauses qui l’ennuyaient n’avaient aucun impact juridique réel.
Je l’ai installé confortablement sur une banquette d’un café tout proche et il s’est détendu un peu à regarder les autres candidats, en tournage extérieur devant l’hôtel, jouer les figurants excités derrière Alexandre Devoise enregistrant le lancement du futur générique.
J’aime que Lionel soit de temps en temps confronté à des situations un peu stressantes et qu’il parvienne à les traverser avec une certaine grâce. Pour un artiste, les auditions, les castings, les plans un peu foireux… ce sont autant d’occasions de se connaître, de tester la solidité de ses motivations, l’élasticité de son talent, l’efficience de sa technique, la vitalité de sa foi en lui…
Vers 16 heures, très concentré mais parfaitement détendu, il attendait son moment. Il savait qu’il allait chanter In Extremis, un titre pas facile, qui demande une grande intensité dans l’interprétation et une dextérité vocale pour les passages rapides en voix de tête. Et si jamais on lui demandait un autre titre ? Ce serait Le Gros Camion…
A 17 heures son tour arrive. On lui colle un gros adhésif sur la poitrine, façon « on achève bien les chevaux », un truc énorme qui l’oblige à ôter veste et cravate. Il ressemble maintenant à un garçon de café numéroté et je me dis que ce pourrait être là la goutte d’eau…
Non, Lionel cette fois m’épate carrément, garde son calme et monte sans se presser à l’étage qu’on lui indique.
Ils sont trois dans une pièce, trois trentenaires plutôt sympas. Celui du milieu, qui a l’air de diriger les opérations, demande à Lionel ce qu’il compte chanter.
- In Extremis… un texte de Quentin Lamotta et une musique… ben de moi…
- On aurait préféré une reprise…
- Je ne chante pas de reprises…
- Pardon ?
- Je ne chante que des chansons de mon répertoire…
Les trois gars se regardent. Se marrent un peu. Le trouvent visiblement gonflé :
- On peut savoir pourquoi vous participez à ce casting de X Factor… ?
- Pour faire connaître mon répertoire… et moi avec…
- Vous vous sentez capable d’apprendre une reprise en quelques heures et de la chanter en direct à la télé ?
- Oui, bien sûr, sans problème…
- Et vous accepteriez, donc…
- Quoi ?
- Eh ben… de chanter une reprise…
- Ah non… ça je refuse…
Là, le gars s’énerve quand même un petit peu…
- M’enfin vous savez quand même ce que c’est comme émission, X Factor !
- Non pas exactement… en fait non, j’en sais rien…
- Vous vous voulez dire que vous attendez en bas depuis ce matin 8 heures pour participer au casting d’une émission que vous ne connaissez pas !?!
Lionel commence lui aussi à s’énerver un brin. Peut-être l’autre le sent-il ?
- Bon, chantez nous votre truc… mais vous avez intérêt à être bon…
Lionel commence : « une fille à bras tentaculaires m’a pris la tête et laissé pour mort à Venise… »
Les trois gars se regardent un peu surpris, et ils écoutent…
- Pas mal… dit celui qui parle, quand Lionel a fini. Mais pourquoi vous voulez pas faire des reprises ?
- Parce que j’ai un répertoire…
- Et vous pouvez nous laisser quelque chose ?
Lionel leur distribue trois flyers annonçant son spectacle au Darius Milhaud.
C’est qui, lui, derrière ? demande le gars en pointant la photo.
- Guillaume Bongiraud, mon violoncelliste… Vous voulez que je vous donne une maquette ?
- Ah vous avez une maquette ? Oui bien sûr, on va écouter ça…
Lionel est redescendu de là tout sourire.
C’était son premier casting. Peut-être le dernier. Et il était ravi. Moi aussi.
Fallait que je vous le dise.
Portez-vous bien…
Quentin
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Par Quentin,
lundi 31 août 2009 à 17:38 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais LA chanson… celle qu’on écrira peut-être jamais, celle qu’on cherche tout le temps, qui manque, la magique, la miraculeuse, pas forcément la plus belle, ni la plus intelligente, loin de là même, souvent… mais LA chanson… qui t’ouvre et pour longtemps la porte verrouillée du succès d’un gros coup d’épaule baraquée… LA chanson que tout chanteur rêve d’un jour avoir à son répertoire.
Est-ce qu’elle est déjà écrite, LA chanson de Lionel Langlais ?
Pas impossible. J’ose à peine le dire, tellement ce serait fou à entendre - mais avec vous j’ose tout : il n’est pas impossible que LA chanson de Lionel Langlais soit déjà écrite.
Je sais c’est énôôrme !... Et moi-même j’en tremble, rien qu’à m’entendre vous le dire… Parce que, rendez-vous compte, si j’ai raison, si jamais j’ai raison, qu’estque-c’que ça roupait tien roubladire ?… j’en bafouille… qu’est-ce que ça pourrait bien vouloir dire ??
D’abord, qu’il faudrait qu’on se calme… à commencer par moi d’ailleurs… Et ne rien dire à Lionel… Rien du tout… Le laisser continuer tranquille comme si de rien… Ne rien dire à Lionel ?... Vraiment ? Non non, ne rien lui dire… Lui laisser sa candeur, sa fraîcheur… De toute façon, chien fou comme je le connais, il serait capable de tout bousculer les quilles du jeu…
Il faut que ça reste entre nous… Entre vous et moi… Vous me direz, si LA chanson est écrite, autant le faire savoir et la chanter sur tous les toits !! Pas aussi simple, mes chers amis, pas aussi simple ! Il va nous falloir inventer le carré circulaire… si vous voyez ce que je veux dire… Car enfin le problème dûment posé a priori s’énonce ainsi : comment faire connaître LA chanson destinée à faire connaître Lionel Langlais ?
Nous y voilà : c’est la différence entre une chanson et LA chanson. Une chanson, elle fait partie d’un répertoire qui lui-même est intégré à un patrimoine, elle a son petit caractère à elle, ses qualités, ses défauts, et elle fait son petit bonhomme de chemin et voilà tout. Un peu comme nous tous sur cette terre, vous remarquerez.
Mais LA chanson, c’est tout autre chose… c’est elle qui fait connaître son interprète et le plus souvent le dépasse ; elle transcende tout, le temps, l’espace, les langues… Elle s’impose. A tous et tout le temps.
Toutes les chansons ont une histoire. Je suis bien placé pour le savoir : c’est le titre d’un spectacle que je viens de co-écrire avec mon ami Frédéric Zeitoun et qui sera pour un mois à l’affiche du Trianon à Paris à partir du 22 septembre.
Toutes les chansons ont une histoire. Mais LA chanson a un destin. Je peux pas vous dire mieux.
C’est bien beau tout ça, mais on fait quoi pour Lionel ?...
Puisque la franchise et la confidentialité sont les deux piliers de l’amitié qui nous abrite vous et moi, je vais être franc avec vous. Et vous faire une confidence : je n’ai rien dit à personne sur LA chanson en question. J’attendais justement de vous en parler en premier.
Après tout, si vous êtes là, c’est que vous vous intéressez grandement à Lionel, et ce serait donc bêtement vous désobliger que de ne pas vous demander, à vous, précisément à vous, la confirmation de ce que je pressens.
En revanche, je ne peux évidemment rien vous dire de plus sur LA chanson de Lionel. Ce serait risquer de fausser votre jugement. Je peux seulement vous dire qu’elle est dans le nouveau concert qu’il donne actuellement le samedi au Darius Milhaud.
Dans un premier temps, gardons le secret, si vous voulez bien. A la fin du concert, ou ici par mail, faites-moi savoir discrètement lequel des titres aujourd’hui interprétés par Lionel vous semble indubitablement être LA chanson… J’insiste sur « indubitablement ».
LA chanson, quand c’est elle, c’est comme un coup de foudre en amour, c’est là et c’est tout.
De mon côté, et en toute confidentialité c’est promis, je vous dirai si on est d’accord, vous et moi…
Et s’il s’avère que LA chanson fait comme il se doit l’unanimité, alors on le dira à Lionel et on en fera LE single gagnant de l’album à venir…
En attendant…….. chut !
Et bonne semaine à vous.
Quentin
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Par Quentin,
dimanche 16 août 2009 à 20:58 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais le Darius Milhaud… je commencerais par vous dire que c’est la première fois que Lionel s’installe durablement dans un lieu pour y chanter. Il y sera du 22 août au 30 novembre. D’abord tous les samedis, et en novembre le lundi. Et c’est pendant ce même trimestre qu’il enregistrera son premier album ! Ceux qui lisent dans les astres devraient normalement trouver ces jours-ci dans le ciel de Lionel un savant ballet d’étoiles en préparation et, derrière, un chorégraphe plutôt bien inspiré…
Le Darius Milhaud c’est d’abord un petit lieu sympa, des gens qui s’en occupent vraiment, qui sont au service des artistes et donc du public. Et Lionel va y présenter son nouveau spectacle. Je dis nouveau parce qu’on a écrit trois chansons cet été. Ah ben si, comme Lionel ne veut – à juste raison je trouve – pas du tout rallonger la durée de son tour, c’est du coup trois autres chansons qui dégagent… Lesquelles ?… Je ne suis pas censé vous le dire mais bon, confidence pour confidence, les nommées sont (roulement de tambour) : Bientôt 30 ans Elle se fait tirer Ma destinée. Et c’est sans appel. Inutile d’insister, vous le connaissez, c’est plus difficile de lui ôter une idée de la tête que de retirer une pièce d’un horodateur.
Vous me direz, trois chansons nouvelles, c’est pas ça qui change un concert. Si, justement. A condition de poser comme règle fondamentale que le but premier du jeu c’est que le public ne s’emmerde pas deux secondes, composer l’ordre d’un spectacle, c’est tout un art. Alors oui, finalement, les nouvelles chansons ont tout chamboulé. Et nous avons dû trouver de nouvelles présentations.
Car Lionel n’imagine pas qu’il pourrait entrer en scène et en sortir sans avoir quasiment rien dit entre les chansons. Il faut qu’il cause. Pas tout le temps, mais quand même. Sans ça il aurait l’impression de faire la gueule. Comme partager un repas en silence. Pas parler la bouche pleine, il veut bien, mais la fermer entre les plats, c’est trop lui demander.
C’est justement ce matin qu’on a travaillé les nouveaux textes de présentation. Des vrais sketches. En gros, il me propose des choses, je fais le tri, et si ça lui va je développe.
C’est drôle comment il fonctionne. Et c’est encore une confidence que je vous fais là : c’est comme s’il avait comme qui dirait trois ateliers en tête. Un atelier confection, un atelier gravure, un atelier répétition. Dans le premier, il met au point, cherche, tâtonne, tatillonne et quand il est content il passe à l’atelier gravure. C’est là qu’est le problème. Parce que là, comme indiqué sur la porte, il grave. Sur son disque dur. Et souvent trop tôt. Du coup il passe à l’atelier répétition et on s’aperçoit qu’il faut changer quelque chose… un détail… un accord de guitare, un bout de phrase, un mot… Et c’est impossible, c’est gravé. Il faut casser le moule, tout reprendre depuis le début, réinitialiser le disque.
Et il est le premier à s’en énerver ! D’un énervement qui me fait rire, mais qui l’emporte, lui, bien au-delà du raisonnable. Guillaume pourrait en témoigner : une fois excédé par ce qui ressemblait à une rayure sur son cérébral disque dur, il a des deux mains attrapé sa guitare par le manche avec la manifeste intention de l’éclater sur le mur de ma salle à manger. Miraculeusement, à ce moment précis, il y eut comme un effet de ralenti. Le temps a dû s’allonger d’un quart de millième de seconde, je sais pas, et ça a dû provoquer un silence imperceptible à l’oreille mais suffisant pour que l’ange présent dans la pièce se glisse dans la faille, s’empare du bras plein de colère et le retienne in extremis.
Depuis Lionel ne s’emporte plus. Mais il n’en reste pas moins étrange.
Ce matin - il avait encore gravé trop tôt quelques phrases finalement à rectifier qu’il ne parvenait plus à corriger - il s’est soudainement arrêté, et m’a regardé, comme hébété : « je suis trop con… laisse tomber… je suis trop con… » Alors, la guitare doucement déposée, le plus sérieusement du monde, comme s’il faisait ses adieux au métier rassemblé, un peu façon Giscard quittant le pouvoir, il est sorti de la pièce, se tournant vers moi une dernière fois : « je suis trop con, j’y arriverai pas… »
Je suis évidemment resté sur ma chaise, plutôt très amusé, déjà m’imaginant samedi soir entrer à sa place en scène à 21h15 au Darius Milhaud pour dire aux gens : « Lionel ne viendra pas, il a abandonné la chanson, il s’excuse, il est trop con… »
J’avais même pas fini mon petit théâtre intime, il est repassé devant moi, sans un mot, comme si de rien n’était, il a repris sa guitare et sa chanson, et c’était parfait.
Et là je l’ai vu content. Plus que ça. Heureux. Vraiment.
Il est quand même bizarre, je me suis dit. En même temps, je devinais, je savais, là derrière, le désir de bien faire, de surtout pas décevoir, et puis l’attente, tous ces jour-ci, l’attente, un peu anxieuse, du public...
Trois mois au Darius Milhaud. Viendra, ou viendra pas, le public ?
Comme une métaphore de la vie, quand on se réveille au matin. Viendra, ou viendra pas, le bonheur ?
On n’en sait rien. Et c’est pas plus mal.
A la semaine prochaine.
Quentin
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Par Quentin,
jeudi 6 août 2009 à 11:07 :: Les confidences de Quentin
Si je vous disais le spectacle de Lionel Langlais, je vous parlerais de « noir et blanc ». Je le sais depuis la semaine dernière où le gars chargé d’ouvrir des billetteries en ligne pour le spectacle de la rentrée au Darius Milhaud (à partir du 22 août jusqu’au 30 novembre) m’a demandé de revoir pour certains sites la présentation jusqu’alors en cours.
J’avais droit à cinq lignes minimum, huit au maximum. Voici ce que j’ai écrit :
Lionel Langlais se présente en scène costumé cravaté dans un noir et blanc impeccable. Guillaume Bongiraud, le jeune musicien qui l’accompagne, en a l’air presque négligé. On va vite apprendre qu’en fait il est de loin le plus pointilleux des deux. Jusqu’à lui faire répéter le moindre de ses gestes, et même ses trous de mémoire ! Spectateur, de confidence en confidence vous êtes vite embarqué au cœur d’une relation complexe et drôle. Et mine de rien, l’un au violoncelle l’autre à la guitare, ils vous donnent un spectacle complet où rien ne manque de ce que Lionel Langlais, en chansons tristes émouvantes ou gaies, est venu vous dire de son amour de la vie !
Rigolez pas… ça m’a pris trois heures !
Si vous avez déjà vu le spectacle, au moins reconnaissez que tout y est. A commencer par l’effet noir et blanc du costard-cravate.
C’est de ça dont je veux vous parler aujourd’hui. Pas du costume. Mais du noir et blanc. Je veux dire du contraste, plus exactement de l’utilisation des contrastes - des chansons, des situations, des émotions - dans le spectacle de Lionel.
Dès le tout début de notre travail de mise en scène, je n’ai pas envisagé Lionel autrement qu’habillé dans une tenue blanche et noire. C’était comme une évidence. De même que l’actuel visuel conçu par Michaël Bauswein a été réalisé en noir et blanc sans que nous l’ayions vraiment voulu mais parce que Michaël a, comme photographe, une franche prédilection pour le noir et blanc. Et plus on creuse le spectacle dans sa conception, jusqu’aux chansons, plus on fouille la réalisation, plus on y trouve de contrastes, involontaires, mais marqués.
Au point que je me demande, depuis que j’ai écrit ces quelques lignes sur le spectacle, si ce n’est pas autour de cette idée de contraste qu’il faudrait organiser le développement artistique de Lionel. Parce que tout simplement il est un être très contrasté.
C’est pas si courant ! Nous sommes tous, le plus souvent, un conglomérat de contradictions. Et nos contradictions se heurtent, se combattent. Les contrastes, eux, s’harmonisent, s’arrangent. Et, d’ailleurs, un être ouvertement contrasté n’apparaît jamais contradictoire. Au contraire, il assume une complétude. Une entièreté. Et, le plus remarquable, c’est qu’il semble finalement s’en dégager une morale.
Au fond - et c’est sûrement là que je voulais en venir - il en va toujours d’un bon spectacle comme d’une vie réussie : il s’en dégage une morale. Et, il ne faut pas s’y tromper, c’est justement ce que sans le savoir on cherche quand on contemple une vie réussie ou quand on va au spectacle : une morale.
A la semaine prochaine…
Quentin
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Par Lionel,
mercredi 5 août 2009 à 23:44 :: Mes dates de concert
Prolongations au Théâtre Darius Milhaud !!!
Je vous donne rendez-vous :
Tous les samedis 21h15
Tarifs : 15€ plein / 10€ réduit
Réservations au 01 42 01 92 26
ou sur
www.theatredariusmilhaud.fr
Accès : métro ligne 5 station Porte de Pantin ou Bus 75, PC2, PC3 arrêt Porte Chaumont
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